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Transmission d’entreprise : Passer de salarié au bas de l’échelle à dirigeant de l’entreprise Cap Floor à 27 ans

L’âge est-il vraiment un facteur bloquant lorsque nos ambitions d’entreprendre nous rattrapent ? Matthias Pastor est bien la preuve que non. Avant même d’être majeur, il rejoint l’entreprise Cap Floor pour voler de ses propres ailes. S’en suit un parcours en ascension, qui va le mener à gravir rapidement les échelons et à faire de lui la nouvelle figure de l’entreprise. Découvrez cette success story qui a été accompagnée par notre expert Johny Basher de l’équipe « Transmission » au sein de Spuerkeess. Bonne lecture !

Cap Floor

Créée en 2004, la société Cap Floor Lux Sàrl, dont l’atelier et le bureau sont situés à Windhof, est spécialisée dans la fourniture et la pose de revêtements de sol, tels que : moquette, caoutchouc, vinyle, parquet et sols sportifs. 

Orientée principalement B2B, avec une clientèle composée essentiellement d’architectes, maîtres d’ouvrages, entreprises du bâtiment, gestionnaires de parcs immobiliers, crèches ou locaux sportifs, mais touchant aussi la promotion immobilière à destination des particuliers, elle s’est construite une belle réputation qui perdure depuis plus de 20 ans. 

Parmi les projets d’envergure réalisés, Cap Floor compte : la Maison du savoir à Belval, l’École Européenne à Mamer, le Lycée classique de Mersch, la BEI…et même quelques réalisations à l’étranger.

Dans notre studio, nous avons donné le micro à Matthias Pastor, Gérant de Cap Floor Luxembourg.

Interview par Irène De Muur

Qui est Matthias Pastor ?

Matthias Pastor, 31 ans et né en France, vient s’installer au Luxembourg à l’âge de 16 ans. Il part ensuite faire ses études en Belgique pour devenir menuisier-ébéniste. 

Une fois sa formation terminée, il recherche son premier emploi, ce qui l’amène à revenir au Luxembourg à 17 ans pour travailler en tant que magasinier au sein de la société luxembourgeoise Cap Floor. 

Après plus de 10 ans passés dans l’entreprise à gravir les échelons, il passe de salarié à dirigeant de l’entreprise alors qu’il a à peine 27 ans.

Racontez-nous vos débuts au sein de Cap Floor.

Après trois mois, je me suis dit que je ne ferais pas ce métier.

Matthias Pastor, gérant de Cap Floor.

En 2013, une fois ma formation de menuisier-ébéniste en poche, je me suis lancé dans la recherche d’emploi et j’ai eu l’opportunité d’intégrer une entreprise spécialisée dans le revêtement de sols souples : Cap Floor. 

Mon premier poste s’intitulait « magasinier » et consistait à approvisionner l’ensemble des chantiers. 

C’était un travail dur physiquement et je ne me voyais pas continuer à porter des sacs de ciment sur certains chantiers où les étages n’étaient pas forcément munis d’ascenseurs. Je comptais plutôt retourner en menuiserie.

Cependant, de fil en aiguille, j’ai acquis l’expérience nécessaire pour évoluer en tant que « aide poseur », « poseur », puis « chef d'équipe ». J'ai ensuite eu la chance de pouvoir m’orienter vers la fonction de « commercial ». Cette fonction me plaisait énormément et cela m’a permis de constituer mon propre carnet de clients. 

L’opportunité de reprise d’entreprise. Qu’est-ce qui vous a amené à reprendre la société Cap Floor ?

Pendant les années où j'ai travaillé au sein de l'entreprise, j'ai eu l’avantage d’avoir bien été managé. Je n’ai pas été laissé tout seul dans la cour; au contraire, j’ai été aiguillé par l’ancien gérant et, grâce à un accompagnement poussé, j’ai acquis des compétences managériales. 

Ainsi, une nouvelle opportunité au sein de l’entreprise s’est présentée à moi en 2022 lorsque le gérant de la société souhaitait partir en retraite et avait besoin de trouver un repreneur. 

Pour que cette opportunité s’ouvre à moi, je pense que l’ancien gérant me faisait simplement confiance. L’idée de transmettre l’entreprise qu’il avait bâtie à un dirigeant plus jeune le réconfortait. Et avec ce que je dégageais, ma hargne de remporter des projets et de les mener à bien, j’imagine qu’il a perçu en moi davantage d’ambition pour son entreprise que s’il s’était tourné vers un grand groupe à qui la céder.

Quand on m’a fait la proposition de reprendre l’entreprise, je savais que je prenais un virage à 360° et que ma vie allait changer.

Matthias Pastor, gérant de Cap Floor.

Alors bien sûr, ma première émotion à l’annonce de la reprise a été la peur. Je n’avais que 27 ans et je reprenais seul l’entreprise, ce qui signifiait que tout reposait sur mes épaules. Toutefois, l’excitation d’entreprendre était aussi bien présente.

L’acquisition de la société. Quelles étapes avez-vous dû parcourir pour que la transmission d’entreprise se passe au mieux ?

Tout d’abord, afin que la transmission puisse avoir lieu, il me fallait les fonds nécessaires pour pouvoir racheter la société, car sans argent, cela n’était pas possible. Et en démarrant en bas de l’échelle, je n’avais pas les fonds requis pour le rachat de l’entreprise. J’ai donc dû trouver un soutien financier ailleurs. Et pour ce faire, il était nécessaire que j’explique mon projet en détail afin de pouvoir le présenter aux banques.

Je n’avais jamais fait de business plan et l’ancien dirigeant m’a beaucoup aidé par rapport à cela. Il m’a vraiment aiguillé et son aide a été très précieuse.

Ensuite, il y a eu cette phase de trois années en co-gérance, pendant laquelle l’accompagnement et l’acquisition de compétences managériales a pu se faire petit à petit. Et quand nous nous sommes retrouvés tous les deux en tant que dirigeants, moi avec ma casquette de commercial et lui multi-casquettes, j’ai senti une dynamique se mettre en place. Cette façon d’aborder la transmission en douceur a permis aux clients de s’habituer aux changements à venir, sans les brusquer.

Bien sûr, cela a impliqué pour moi de devoir m’adapter à certains moments, mais cette période de transition m’a surtout conforté dans mes choix et a été très bénéfique pour la transmission. 

La relation bancaire. Quels critères ont été décisifs dans le choix de votre banque ?

Trouver le partenaire bancaire n’a pas été la chose la plus simple dans mon parcours de reprise d’entreprise, au contraire. Du haut de mes 27 ans au moment de la reprise, il me fallait trouver une banque qui me fasse confiance et qui accepte de bien vouloir faire un prêt à un dirigeant aussi jeune. Et cela a été la démarche la plus compliquée… jusqu’à ce que je rencontre Johny. 

Je lui ai expliqué mon projet, la société, l’activité, et il a tout de suite compris. Il a réussi à me mettre à l’aise très rapidement et cela a été vraiment simple de collaborer avec lui. Il a analysé les chiffres, a compris mon besoin ainsi que mon ambition et a cru à mon projet tout simplement.

Initialement, je n’aurais pas cru que Spuerkeess, en tant que banque d’État, allait m’accompagner dans mon projet, et pourtant c’est elle qui a cru en moi et en mes ambitions.

Matthias Pastor, gérant de Cap Floor.

Votre touche personnelle. Quels changements avez-vous apporté lors de la reprise ?

Le bien-être au sein de l’entreprise me tenait vraiment à cœur; c’est pourquoi j’ai tout simplement gardé une approche humaine au niveau du management. En effet, lors de la reprise, j’étais bien conscient qu’il y avait des familles derrière et que leur bien-être allait reposer sur mes épaules, étant donné que je reprenais l’entreprise tout seul. En ayant moi-même commencé au bas de l’échelle, je connaissais très bien ce qu’un ouvrier voulait ou ne voulait pas, les difficultés ou les craintes des employés. Mon approche a plutôt bien fonctionné puisqu’ils sont encore tous là aujourd’hui.

Un autre souhait que j’avais dès le début des discussions était celui d’apporter de la fraîcheur. Et je me rends compte aujourd’hui que c’était une évidence que je reprenne la société, sans prétention aucune, car en voyant où nous en sommes, ce n’était que la suite logique des choses, et j’en suis très satisfait.

Aussi, un autre élément que je souhaitais apporter à l’entreprise concernait l’image et la communication ; un point qui n’était pas forcément une priorité avant et que j’ai souhaité aborder et mettre en place.

La prochaine grande étape concernera notre déménagement vers de nouveaux locaux, ce qui était aussi un point important pour moi que d’offrir un environnement nouveau aux employés.

Le conseil de Matthias aux futurs repreneurs d’entreprise

« Allez chez Spuerkeess » (rires) ! Mon conseil est de vous lancer, c’est un beau projet, n’ayez pas peur. Pour ma part, je me suis dit que je ne voulais pas me retrouver dans 20 ans à regarder en arrière et à regretter de ne pas l’avoir fait. Faites-vous confiance ! 

Voici tout de même trois conseils avant de reprendre une entreprise : 

 1. Vérifiez bien tout avant de signer (chiffres, conditions…).

2. Ne vous faites pas avoir par des commerciaux qui vous vendent des produits pour votre entreprise dont vous n’avez pas forcément besoin. 

3. Soyez conscients que votre entreprise passera avant beaucoup de choses. Ce sera votre priorité numéro un, donc il vous faudra faire des concessions ou remettre à plus tard d’autres projets et en être conscient. 

Un projet de transmission ou de reprise en vue ? Parlez-nous en !

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