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Evergreens Insights : Un marché immobilier en quête de confiance

Dans cet extrait du podcast « Evergreens by Spuerkeess », nous donnons la parole à Pierre Clement (CEO de Nexvia), Max Didier (CEO de la Compagnie de Construction Luxembourgeoise et Président de la Fédération des Développeurs immobiliers au Luxembourg) et Charles Pletsch (Responsable du Retail Banking chez Spuerkeess) pour décrypter les évolutions récentes du marché immobilier luxembourgeois. Entre hausse des taux, ralentissement de la construction et nouvelles attentes des acquéreurs, comment le marché se transforme-t-il et quels sont les leviers pour en relancer la dynamique ?

Comment a évolué le marché immobilier ces dernières années ?

Pierre Clement : Sur le marché de l’existant, nous avons connu une période très dynamique jusqu’en 2021-2022, portée par des taux bas, une forte demande et un haut niveau de confiance. Cela s’est traduit par une hausse importante des prix. Depuis 2022, avec la remontée des taux, nous sommes entrés dans une phase de normalisation. Après une correction, les prix se sont stabilisés et le marché a progressivement repris en volume.

Max Didier : Sur le neuf, la situation est plus contrastée. Alors que nous produisions entre 3.000 et 4.000 logements par an auparavant, nous sommes aujourd’hui autour de 1.500 unités, bien en-dessous des besoins du pays, estimés à environ 7.500 logements par an.

Pourquoi le marché du neuf est-il particulièrement sous pression ?

Max Didier : Plusieurs facteurs entrent en jeu : la hausse des coûts de construction, les exigences énergétiques accrues et, surtout, des conditions de financement plus contraignantes. Ces éléments rendent les projets plus difficiles à lancer et freinent la production globale.

Pierre Clement : À cela s’ajoute le niveau d’apport personnel requis, qui peut atteindre près de 30 % en incluant les frais. Cela exclut une partie des acquéreurs qui, auparavant, pouvaient investir plus facilement.

Au-delà des aspects économiques, la confiance joue-t-elle un rôle clé ?

Charles Pletsch : Oui, particulièrement dans la vente en état futur d’achèvement. La hausse des taux a fragilisé certains projets et, pour la première fois, des garanties d’achèvement ont été activées sans apporter toutes les certitudes attendues. Cela a fortement impacté la confiance des acquéreurs.

Max Didier : Restaurer cette confiance est essentiel. Cela passe notamment par une évolution du cadre légal, afin de mieux protéger les acquéreurs, notamment en cas de défaillance d’un promoteur.

Le pouvoir d’achat immobilier est-il aujourd’hui le principal frein ?

Pierre Clement : Le pouvoir d’achat immobilier a effectivement nettement reculé, de plus de 25 %. Les conditions de financement sont plus exigeantes et les coûts plus élevés, ce qui rend certaines opérations beaucoup plus difficiles qu’auparavant.

Charles Pletsch : C’est pourquoi il est essentiel de bien préparer son projet en amont. Une discussion avec sa banque permet de définir sa capacité d’emprunt et d’aborder sereinement les différentes étapes de l’acquisition.

Le logement est-il devenu un enjeu pour l’attractivité du Luxembourg ?

Pierre Clement : Absolument. Le logement joue un rôle direct dans l’attractivité du pays. Les talents comparent avec d’autres grandes villes européennes et le coût ou la disponibilité du logement peut influencer leur décision.

Max Didier : La réponse à cette problématique passe avant tout par le volume. Le logement abordable ne suffira pas à lui seul : il faut augmenter la production globale de logements pour rééquilibrer le marché.    

Quels conseils donner aux acquéreurs dans le contexte actuel ?

Pierre Clement : Le marché est aujourd’hui plus équilibré, ce qui permet de prendre le temps d’analyser. Il est important de privilégier la qualité du bien, sa localisation, sa performance énergétique et de s’assurer qu’aucun travail majeur n’est à prévoir.

Max Didier : Sur le neuf, il est essentiel d’analyser la solidité du promoteur et la qualité globale du projet. Le prix ne doit pas être le seul critère.

Charles Pletsch : La première étape reste toujours de consulter son banquier. Cela permet de cadrer le budget et de mieux comprendre les mécanismes de financement.

Le marché doit-il évoluer pour mieux répondre aux besoins actuels ?

Pierre Clement : Il existe un décalage entre l’offre et la demande, notamment sur les petites surfaces. Les jeunes actifs recherchent des logements plus compacts, bien situés et adaptés à leur mode de vie.

Max Didier : Le prix final dépend aussi de la taille des logements. Repenser cette dimension est essentiel pour mieux aligner l’offre sur les besoins réels du marché.

À travers ces échanges, un constat s’impose : après une phase d’euphorie, le marché immobilier luxembourgeois évolue vers un nouvel équilibre. Dans ce contexte, la confiance, la capacité à augmenter l’offre et l’adaptation aux nouveaux besoins des acquéreurs apparaissent comme les principaux leviers pour soutenir sa relance durable.

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