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Analyse économique - Avril 2026

Les marchés en ont vu d’autres

Économie et banques centrales

Le premier trimestre 2026 s’inscrit dans un environnement macroéconomique globalement robuste, caractérisé par une croissance résiliente et une désinflation progressive mais incomplète. L’économie mondiale évite les scénarios extrêmes — ni récession marquée, ni surchauffe — et évolue dans un régime intermédiaire où les fondamentaux restent solides.

Aux États-Unis, la dynamique économique demeure le principal pilier de ce constat. En début de trimestre, la croissance surprend encore positivement, et une consommation privée vigoureuse l’épaule. L’inflation, toujours présente, reflète à la fois les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump et la récente flambée du prix du pétrole en raison de la guerre en Iran. Le marché du travail, quant à lui, montre des signes de stabilisation : le taux de chômage baisse graduellement en ce premier trimestre, après s’être inscrit à la hausse en fin d’année dernière. Ce contexte contribue à dissiper les craintes de récession à court terme.

Au fil des semaines, le profil macroéconomique américain devient toutefois plus nuancé. Dans ses composantes privées — consommation et investissement — la croissance est tenace. Pour autant, certains indicateurs agrégés révèlent un léger ralentissement, notamment en raison de la contribution négative des dépenses publiques. En parallèle, les indicateurs avancés du secteur manufacturier s’améliorent, signalant une possible stabilisation cyclique. L’ensemble dessine un scénario de résilience sélective, où la croissance tient mais devient moins uniforme.

Dans ce contexte, la Réserve fédérale américaine (Fed) adopte une posture prudente. Après une phase d’assouplissement entamée fin 2025, elle considère désormais que ses taux directeurs se rapprochent d’un niveau neutre. Son discours évolue vers une logique d’attentisme : l’amélioration de l’environnement économique, notamment sur le front de l’emploi, ne justifie pas d’urgence à assouplir davantage, tandis que le niveau encore élevé de l’inflation limite la marge de manœuvre. Le trimestre est ainsi marqué par une mise entre parenthèses du cycle de baisses des taux.

Dans la zone euro, la situation est légèrement différente mais converge vers une conclusion similaire. L’activité montre des signes de redressement, soutenue par la consommation et les dépenses publiques, avec des perspectives d’amélioration progressive, notamment en Allemagne. Les plans d’investissement publics, en particulier dans les infrastructures, commencent à porter leurs fruits, même si leur mise en œuvre reste contrainte par des facteurs structurels.

L’inflation européenne évolue autour de la cible de la Banque centrale européenne (BCE), mais cette seule observation ne suffit pas à enclencher un cycle d’assouplissement rapide. La BCE adopte elle aussi un ton mesuré, insistant sur la nécessité de conserver une certaine prudence. Les anticipations de marché oscillent entre des scénarios de stabilisation et de détente graduelle, sans qu’une direction claire ne se dégage du tableau économique.

Enfin, la dimension géopolitique prend davantage d’importance à mesure que le trimestre se déroule. Après des développements initiaux affectant principalement les perspectives d’offre sur les marchés de l’énergie, la situation se tend nettement avec l’escalade du conflit au Moyen-Orient, en particulier autour de l’Iran. Cette résurgence des tensions s’accompagne d’une remontée significative des prix du baril, les investisseurs intégrant une prime de risque liée à d’éventuelles perturbations de l’offre.

Le point de cristallisation majeur est le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du commerce maritime mondial de pétrole. Toute menace de blocage ou de perturbation de ce passage stratégique fait peser un risque immédiat sur l’approvisionnement énergétique mondial. Dans ce contexte, la hausse du prix de l’or noir agit comme un choc exogène potentiel pour l’économie globale, susceptible de raviver les pressions inflationnistes, de peser sur la consommation et de brouiller la trajectoire des politiques monétaires.

En somme, ce premier trimestre allie résilience économique, désinflation partielle, prudence monétaire et recrudescence des risques géopolitiques.

Taux d'inflation annuelle

Source : Bloomberg, Spuerkeess Asset Management

Aykut Efe
Economist & Strategist
Spuerkeess Asset Management

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