Le retour de la volatilité
Investment Update - Août 2026
Le mois de juillet s’est achevé dans un environnement de marché volatil. Si l’indice global ne recule que de -0,36 %*, cette performance masque d’importantes divergences entre régions, secteurs et styles d’investissement.
Après plusieurs mois de surperformance, les marchés américains et émergents ont marqué le pas, avec des baisses respectives de 0,82 % et 3,90 %. Leur positionnement déjà élevé dans les portefeuilles a favorisé une rotation vers les marchés européens, en hausse de 1 % sur le mois. Cette dynamique s’est également reflétée dans les facteurs de style : la Value a progressé de 2,71 %, tandis que le Growth a reculé de 3,33 %.
Cette rotation géographique et factorielle est intervenue alors que les investisseurs s’interrogeaient davantage sur la capacité à monétiser les investissements liés à l’intelligence artificielle. Les dépenses massives engagées par les hyperscalers et leurs effets sur les flux de trésorerie ont notamment suscité des inquiétudes.
Les marchés ont également été affectés par un regain de tensions au Moyen-Orient. La reprise des hostilités impliquant l’Iran a entraîné une hausse de près de 40 % du prix du pétrole par rapport au début du mois, portant celui-ci au-delà de 100 dollars le baril. Son repli d’environ 15 dollars en fin de période a toutefois contribué à apaiser les craintes inflationnistes.
Sur les marchés obligataires, les rendements souverains ont globalement progressé, en particulier sur les maturités longues. Le taux américain à dix ans est passé de 4,45 % à 4,73 %, tandis que son équivalent allemand a augmenté de 2,85 % à 3,20 %. En juillet, la Banque centrale européenne et la Réserve fédérale américaine ont toutes deux maintenu leurs taux directeurs inchangés. Leurs communications ont néanmoins laissé entrevoir la possibilité de hausses de taux limitées au cours des prochains mois.
La persistance d’une inflation nettement supérieure à la cible de 2 %, conjuguée à la résilience de l’activité économique, offre en effet aux banques centrales une certaine latitude pour conserver une orientation restrictive.
En Europe, l’économie a mieux résisté qu’attendu au choc énergétique. La croissance trimestrielle s’est établie à 0,4 %, contre 0,2 % anticipé. La croissance du premier trimestre a par ailleurs été révisée de -0,2 % à 0 %, soutenue notamment par la bonne tenue des dépenses privées. Aux États-Unis, la croissance annualisée de 1,5 % s’est révélée inférieure aux 2 % attendus. La demande intérieure demeure toutefois robuste, tant du côté de la consommation que de l’investissement.
Dans ce contexte macroéconomique solide malgré des risques toujours présents, le positionnement des portefeuilles reste favorable aux actifs risqués.
Les actions demeurent surpondérées par rapport aux obligations. L’allocation sectorielle conserve un biais cyclique. Le secteur industriel bénéficie du cycle d’investissement lié à l’intelligence artificielle, tandis que le retour récent à un positionnement neutre sur la technologie a permis de mieux traverser la volatilité observée en juillet. Les banques européennes et américaines restent également privilégiées afin de tirer parti de la résilience de l’activité économique et du niveau élevé des taux d’intérêt. Les positions en biotechnologie ainsi que sur les petites et moyennes capitalisations sont par ailleurs conservées.
Sur le plan géographique, le positionnement est désormais globalement neutralisé depuis début juillet, aussi bien pour l’exposition aux actions américaines que pour les valeurs européennes, après un retour pendant la phase de volatilité.
Enfin, au sein de la poche obligataire, la préférence reste clairement orientée vers le crédit, jugé plus attractif que les emprunts souverains et que l’exposition au risque de duration.
*Les performances sont calculées en euros.
Marchés boursiers
Le mois de juillet aura offert l'illustration nette du basculement de régime de marché, un repli défensif principalement marqué par l'important affaiblissement du facteur Momentum. Ainsi, derrière la relative stabilité des indices actions des marchés développés, les mouvements sectoriels et factoriels ont été particulièrement violents. Dans cet environnement, le MSCI World recule de 0,36%, l'indice européen résiste relativement mieux à +1% alors que le MSCI North America consolide sa baisse à -0,82%. Seule la Chine fait figure d'exception avec une hausse qui excède les 8%, portée par la revalorisation des entreprises technologiques, initiée toutefois sur des niveaux de positionnement relativement faible.
La forte volatilité a été la résultante des débouclements de positions sur la thématique de l'intelligence artificielle après une période de surperformance prolongée dans le secteur des Semi-conducteurs et des fournisseurs d'infrastructure IA. Le reflux s'est également propagé aux valeurs industrielles, responsables à elles seule d’une baisse de 2 points de performance sur l'indice global. Sans grande surprise, les mouvements ont été bien plus favorables pour le secteur de l'énergie, amplifiés par une nouvelle séquence d'hostilité entre les Etats-Unis et l'Iran. Les valeurs financières progressent de 5,44 %, soutenues par une dynamique bénéficiaire particulièrement favorable dans le secteur.
Le cycle des publications, bien que relativement hétérogène en termes de performances boursières, a apporté des éléments fondamentaux rassurants, permettant à des valeurs comme Microsoft ou encore Amazon d'éponger les pertes accumulées depuis le début de la période. Dans son ensemble, la saison des résultats s'est de nouveau révélée qualitative, témoin de la progression continue de la dynamique des bénéfices sur l'ensemble des indices.
Aucun changement significatif n'a été opéré au niveau l'allocation, des ajustements tactiques dont une prise de bénéfices sélective sur le secteur technologique ont été engagés avant la période des résultats, ce qui a permis aux portefeuilles de relativement mieux absorber la correction. Juillet marque ainsi l'entrée dans une phase plus exigeante, ou les investisseurs deviennent particulièrement attentifs à la discipline de dépenses d'investissement des entreprises dans un contexte où l'évolution de la géopolitique réduit considérablement la visibilité.
*Les performances sont calculées en euros.
Taux souverains et marché du crédit
En juillet, les marchés obligataires ont de nouveau été dominés par l’évolution du conflit au Moyen-Orient et par ses répercussions sur les prix de l’énergie. Après un début de mois relativement favorable, marqué par le reflux du pétrole et des discours plus prudents des banques centrales, la reprise des affrontements a ravivé les craintes d’un choc inflationniste durable, entraînant une remontée des anticipations d’inflation et des taux souverains.
Aux États-Unis, les rendements ont principalement évolué au gré des fluctuations du pétrole et des anticipations de politique monétaire. En début de mois, des données sur l’emploi plus faibles qu’attendu et les propos de Kevin Warsh, Président de la Fed, à Sintra avaient réduit la probabilité d’une hausse de taux en juillet, avant que le rebond du pétrole et des anticipations d’inflation ne ravive ce scénario. Lors de sa réunion de fin juillet, la Fed a finalement laissé ses taux inchangés à 3,50-3,75%. L’absence d’indications claires sur la trajectoire future a entraîné une pentification de la courbe, les taux longs remontant tandis que les anticipations de hausse immédiate étaient réduites. Le 10 ans américain termine ainsi juillet à 4,73 %, en hausse d’environ 27 pb sur le mois.
En zone euro, les taux ont été encore plus sensibles aux fluctuations des prix de l’énergie. En début de mois, le ralentissement de l’inflation et l’absence d’effets de second tour avaient conduit les investisseurs à réduire leurs anticipations de nouvelles hausses de taux. La remontée du pétrole et du gaz a ensuite provoqué un retournement marqué, les marchés intégrant de nouveau plusieurs relèvements de la BCE. Lors de sa réunion du 23 juillet, l’institution a maintenu son taux de dépôt à 2,25 %, tout en laissant entendre que de nouvelles hausses restaient probables. Dans ce contexte, le Bund à 10 ans a atteint 3,20 %, son niveau le plus élevé depuis 2011, soit une hausse d’environ 35 pb.
Sur le segment du crédit, les marchés européens ont mieux résisté que leurs équivalents américains. En zone euro, les spreads Investment Grade se sont resserrés de 1 pb à 77 pb, tandis que le High Yield (HY) s’est contracté de 5 pb à 265 pb, soutenus par le ralentissement des émissions primaires à l’approche de l’été. Aux États-Unis, l’importante vague d’émissions obligataires liées à l’intelligence artificielle et aux hyperscalers a pesé sur l’Investment Grade, dont les spreads se sont écartés de 3 pb à 79 pb. Le High Yield a également été pénalisé par la hausse des taux et les craintes inflationnistes, avec un élargissement de 10 pb à 285 pb. Cette sous-performance s’est particulièrement concentrée sur la technologie et les télécommunications. Au sein de l’Investment Grade américain, leurs spreads se sont écartés de 11 pb chacun, avec des performances totales mensuelles de –2,4% pour la technologie et –2,7% pour les télécommunications. En HY, les spreads se sont élargis de 48 pb dans la technologie et de 47 pb dans les télécommunications, ces dernières affichant une performance totale de –2,4%.
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