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Des marchés résilients dans un décor contrasté

Investment Update - Septembre 2026

Le mois d’août s’est achevé sur une note positive pour les marchés actions. L’indice d’actions globales, principalement porté par le rebond des marchés américains et asiatiques, a progressé de 1,70%*. Les États-Unis ont gagné 1,80%* tandis que les marchés émergents ont engrangé 3,4%*. L’Europe a également terminé sur une hausse, quoique plus modérée, de 0,5%*.

Cette reprise s’est accompagnée d’un retour des valeurs de croissance qui ont de nouveau la cote. En effet, le secteur technologique a retrouvé une dynamique favorable mais plus dispersée à travers la thématique liée à l’intelligence artificielle.

Durant le mois, les tensions géopolitiques sont restées d’actualité. L’absence de progrès décisif entre les États-Unis et l’Iran a maintenu une prime de risque sur les marchés de l’énergie. Après leur forte hausse de juillet, les prix du pétrole ont légèrement progressé en août et sont restés proches de leurs plus hauts de plusieurs mois, le Brent s’affichant autour de 90 dollars. Cette situation continue d’alimenter les interrogations sur l’évolution de l’inflation et, par conséquent, sur la trajectoire future des politiques monétaires.

Sur les marchés obligataires, les évolutions ont été plus contrastées. Le rendement du Treasury américain à dix ans a terminé le mois en légère hausse, autour de 4,75%. En Europe, le taux allemand à dix ans a en revanche progressé d’une dizaine de points de base pour atteindre 3,32%, son niveau le plus élevé depuis 2011. Les besoins de financement publics s’intensifiant, la persistance des pressions inflationnistes et l’augmentation des primes de terme continuent ainsi de peser sur les maturités longues.

En août, la Réserve fédérale (Fed) et la Banque centrale européenne (BCE) n’ont pas convoqué de réunion de politique monétaire. L’attention s’est donc principalement portée sur le Symposium de Jackson Hole. À cette occasion, le Président de la Fed, Kevin Warsh, a réitéré le caractère ferme de l’objectif d’inflation de 2% et souligné que les pressions sur les prix demeuraient trop pesantes. Son discours, interprété comme relativement restrictif, a renforcé les anticipations d’un éventuel resserrement dès septembre.

Sur le plan macroéconomique, les données américaines ont soufflé le chaud et le froid. La croissance du deuxième trimestre a été confirmée à 1,5% en rythme annualisé, tandis que les données relatives au marché du travail et à la consommation ont montré certains signes de ralentissement. Pourtant, l’activité des entreprises reste robuste: l’indice PMI composite préliminaire a atteint 56,0 en août, son plus haut niveau depuis avril 2022, grâce notamment à la vigueur du secteur des services.

En Europe, la dynamique économique demeure également résiliente. La croissance de la zone euro au deuxième trimestre a été confirmée à 0,4%, tandis que le PMI composite a progressé à 52,1 en août. L’amélioration de l’activité industrielle, particulièrement visible en Allemagne, constitue un signal encourageant. Avec un bémol toutefois: les pressions inflationnistes s’ancrent. L’inflation de la zone euro est remontée à 3,3% en août, sous l’effet notamment d’une hausse des prix de l’énergie sur un an alors que la partie core reste à 2,4% en termes annuels.

Dans ce contexte de croissance toujours solide mais de taux d’intérêt durablement élevés, le positionnement des portefeuilles continue d’être favorable aux actifs risqués. Les actions demeurent surpondérées par rapport aux obligations et l’allocation sectorielle conserve un biais cyclique. Les secteurs de l’Industrie et de la Technologie continuent de bénéficier du cycle d’investissement lié à l’intelligence artificielle. De même, les banques européennes et américaines restent privilégiées afin de tirer parti de la résilience de l’activité économique et des taux d’intérêt élevés. Par ailleurs, les positions sur la biotechnologie et les petites et moyennes capitalisations ont été réduites.

Sur le plan géographique, le positionnement reste globalement neutre, quoique récemment revu en surpondération des États-Unis. Enfin, au sein de la poche obligataire, la préférence demeure orientée vers le crédit, dont le portage et la dynamique des spreads demeurent plus attractifs que l’exposition aux emprunts souverains de longue maturité.

*Les performances sont calculées en euros.

Marchés boursiers

En août, les marchés actions ont fait preuve de résilience malgré un environnement géopolitique toujours incertain et des tensions commerciales persistantes. La saison des résultats du deuxième trimestre s’est révélée globalement très solide, confortant les perspectives bénéficiaires et permettant aux marchés de poursuivre leur progression.

Sur le plan sectoriel, les Ressources de base ont nettement surperformé, tandis que la Santé a montré des signes d’amélioration. À l’inverse, la Technologie a été plus volatile, les investisseurs s’interrogeant sur le niveau élevé des investissements consacrés à l’intelligence artificielle et sur leur rentabilité à moyen terme. L’Immobilier et les Services aux Collectivités ont également sous-performé, pénalisés par la remontée des taux à long terme.

La conviction sur la thématique de l’intelligence artificielle reste forte. La compression des valorisations du secteur et la bonne tenue des résultats des entreprises exposées à cette tendance permettent de redevenir plus constructifs sur la Technologie. Une préférence est maintenue pour les semi-conducteurs, tout en restant sélectifs sur le segment des logiciels.

Pour financer ce renforcement sur la Technologie, des prises de bénéfices sont réalisées sur la Biotechnologie et l’exposition à la Consommation discrétionnaire est réduite, la demande restant atone dans plusieurs segments. Les autres allocations restent inchangées.

Taux souverains et marché du crédit

En août, les marchés obligataires sont restés étroitement dépendants de l’évolution du conflit au Moyen-Orient et des prix de l’énergie. Pourtant, ce mois s’annonçait prometteur. En effet, les avancées dans les discussions autour du détroit d’Ormuz ont fait nettement reculer le pétrole et des anticipations d’inflation, permettant ainsi aux taux de refluer quelque peu en tout début de mois. Toutefois, à défaut d’accord durable, la tendance s’est rapidement inversée.

Aux États-Unis, le taux à 10 ans a évolué en dents de scie. Aux phases de détente au gré du reflux du pétrole et de données d’inflation plus rassurantes ont succédé de nouvelles tensions lorsque les risques géopolitiques et énergétiques revenaient au premier plan. Le mouvement a été plus marqué sur les maturités longues : le 30 ans a atteint 5,31%, son plus haut niveau depuis 2007, sous l’effet combiné des craintes inflationnistes, des inquiétudes budgétaires et de la remontée des primes de terme. Lorsque le Trésor a annoncé l’augmentation des rachats de Treasuries, la partie longue s’en est trouvée soulagée, sans pour autant inverser durablement la tendance. En fin de mois, le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole s’est finalement révélé nettement plus explicite et restrictif, après plusieurs semaines durant lesquelles il avait volontairement limité la forward guidance, ravivant les anticipations de hausse de taux directeur. Ainsi, le 10 ans clôture août en hausse de 1 pb à 4,75%.

En zone euro aussi, l’évolution des taux souverains a été chahutée, quoiqu’avec une pression plus marquée qu’aux États-Unis, la région étant bien plus exposée au choc énergétique. La hausse des prix du gaz, les craintes inflationnistes et la résilience des données économiques ont notamment pesé sur les maturités longues, le 30 ans allemand atteignant 3,81%, son plus haut niveau depuis 2011. Dans le même temps, les marchés ont continué d’intégrer un scénario d’un resserrement monétaire qui se poursuit. Quelques phases de détente ont accompagné les espoirs ponctuels d’apaisement au Moyen-Orient, sans remettre en cause la tendance générale. Le Bund à 10 ans termine ainsi août en hausse de 12 pb à 3,32%, également un plus haut depuis 2011.

Sur le segment du crédit, l’Europe a mieux résisté que les États-Unis. Les spreads Investment Grade se sont resserrés de 1 pb à 76 pb, avec une meilleure tenue des BBB, de l’automobile et des télécoms, tandis que les financières ont légèrement sous-performé. Le High Yield s’est davantage resserré, de 10 pb à 255 pb, porté par les BB et B. Aux États-Unis, l’Investment Grade s’est légèrement écarté de 1 pb à 80 pb, pénalisé notamment par les maturités longues, tandis que le High Yield s’est resserré de 22 pb à 263 pb, avec une nette surperformance des BB et B par rapport aux CCC.

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