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L'attaque aérienne des États-Unis et d'Israël contre l'Iran et ses répercussions à court terme sur les marchés financiers

Newsflash – Mars 2026

Les conflits armés au Moyen-Orient sont de retour. Depuis samedi dernier, le 28 février, des attaques aériennes israélo-américaines visent l’Iran, les négociations entre les États-Unis et l’Iran au sujet du nucléaire ayant échoué.

Les installations navales, les sites de missiles, les centres de commandement et de contrôles liés aux Gardiens de la Révolution ont constitué les cibles principales de ces frappes aériennes, mais aussi les classes dirigeantes, à l’instar du Guide suprême iranien Ali Khamenei, qui a perdu la vie suite aux frappes américaines.

Encore une fois, le pétrole est le principal instrument à travers lequel ce conflit armé est susceptible d’avoir des ramifications sur les marchés mondiaux. En effet, le détroit d’Ormuz, situé aux confins de l’Iran, des Émirats arabes unis et d’Oman, est au cœur de l’attention car c’est à travers lui que se font 20% des exportations mondiales de pétrole. Si l’Iran n’a pas le pouvoir de décider unilatéralement de « fermer » ce détroit, les passages sont quasiment à l’arrêt en ce lundi matin. Selon certains rapports, des pétroliers seraient touchés autour du détroit. Certes, le trafic ralentit fortement. Pourtant, rappelons que si le gouvernement iranien le ferme complètement, cela reviendrait à paralyser sa propre économie, tant l’Iran dépend de ce passage pour ses exportations de pétrole. Par ailleurs, la possibilité d’une escorte maritime est sur la table, la sécurité serait ainsi assurée par les navires de guerre américains.

Pour l’instant, les réactions de marché sont naturelles et semblent assez saines : le pétrole grimpe de 7 à 8%, les indices actions perdent 2% en Europe et 1,5% aux États-Unis, et le dollar et l’or font office de valeur refuge en grimpant de 1% et 2% respectivement. Les taux souverains restent contenus, les hausses se limitant à 3 à 4 points de base.

Une réaction relativement mesurée indique que les marchés sont plutôt rassurés quant à l’éventualité d’un embrasement plus généralisé ou d’un arrêt prolongé des passages à Ormuz. Une certaine abondance de pétrole était déjà existante avant le conflit, et les pays de l’OPEP+ ont annoncé des hausses de production dès l’éclatement du conflit. Enfin, s’il est vrai que les conflits au Moyen-Orient ont tendance à faire grimper les prix du pétrole, notons que les marchés y deviennent de moins en moins sensibles, les États-Unis ayant fait leur entrée dans la production mondiale de l’or noir.

Ainsi, sur le plan de l’allocation d’actifs, les États-Unis continuent d’être la région surpondérée au niveau géographique, car ils profitent à la fois d’une certaine auto-suffisance sur le pétrole et d’un dollar qui joue son rôle de valeur refuge, contrairement à l’Europe et à certains marchés émergents importateurs de pétrole. Quant à l’obligataire, le risque de duration est toujours évité, avec une préférence donnée au crédit de qualité.

Nous continuons de suivre la situation de près et n’hésiterons pas à ajuster le positionnement en fonction des développements si cela s’avère nécessaire.

Damien Spohn
Deputy Head of Investments 
Spuerkeess Asset Management

Aykut Efe
Economist & Strategist
Spuerkeess Asset Management