Impact du conflit Iranien sur les marchés financiers
Newsflash - 5 mars 2026
Quelques jours après le début du conflit, les réactions des marchés divergent. Alors que les prix des contrats à la livraison la plus proche du pétrole continuent de progresser, les marchés actions semblent se stabiliser après deux séances de ventes marquées, particulièrement observées sur les marchés européens et émergents. Les taux souverains, quant à eux, grimpent naturellement sur base d’attentes d’inflation plus élevées.
Les marchés actions américains font preuve d’une relative résilience. En dollar, l’indice évolue proche de l’équilibre depuis le début de la semaine. En euros, la performance atteint près de 1,5 %, portée par l’appréciation du dollar face à la monnaie unique.
Le billet vert s’est en effet renforcé d’environ 1,4 % face à l’ensemble des principales devises mondiales. Ce mouvement reflète à la fois son statut traditionnel de valeur refuge et la position dominante des États-Unis dans la production mondiale de pétrole et de gaz. À l’inverse, l’Europe et les économies d’Asie-Pacifique voient leurs déficits commerciaux se creuser lors des épisodes de forte hausse des prix de l’énergie, ce qui exerce une pression sur leurs devises respectives.
Dans ce contexte, un investisseur européen majoritairement exposé aux actions américaines a connu une volatilité relativement limitée de son portefeuille depuis le début de la semaine.
Dans l’ensemble, les réactions des marchés restent mesurées. Le prix du pétrole augmente, mais il retrouve seulement des niveaux observés en 2024 et 2025. Par ailleurs, la hausse se concentre essentiellement sur les prix à échéance courte, et se fait peu ressentir sur les prix à terme dans plusieurs mois.
Si l’attention se concentre principalement sur le pétrole, une hausse du prix spot du gaz est également observée. Toutefois, comme pour le pétrole, la progression reste essentiellement concentrée sur les prix « spot », tandis que les anticipations de prix à plus long terme évoluent de manière plus modérée.
En somme, la question quant aux scénarios futurs repose essentiellement sur la durée du conflit et la nature qu’il peut prendre. Plus le conflit dure et touche les installations de pétrole, ainsi que les voies d’approvisionnement, plus les coûts économiques seront élevés.
Un enlisement de la situation, accompagné d’un blocage prolongé du détroit d’Ormuz, pourrait avoir des conséquences significatives sur les marchés mondiaux, en raison de ses effets potentiels sur l’inflation, la croissance et les taux d’intérêt.
À l’inverse, une désescalade rapide du conflit pourrait permettre au scénario macroéconomique actuellement privilégié par les marchés — caractérisé par une croissance relativement stable et une inflation progressivement maîtrisée — de reprendre le dessus.
Dans ce contexte marqué par une forte incertitude, l’allocation en actions a été ramenée de surpondérée à neutre. Parallèlement, une surpondération des actions américaines par rapport aux autres régions est maintenue, afin de tirer parti de la vigueur du dollar et de la position dominante des États-Unis sur le marché de l’énergie.
Nous continuons de suivre la situation de près et ajusterons le positionnement si l’évolution du contexte le justifie.
Damien Spohn
Deputy Head of Investments
Spuerkeess Asset Management
Aykut Efe
Economist & Strategist
Spuerkeess Asset Management